Amla et chute de cheveux : ce que montre l’essai clinique de 2024

Bien-être

Amla et chute de cheveux : ce que montre l’essai clinique de 2024

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Amla et chute de cheveux

La groseille indienne, ou amla, figure depuis des siècles dans les rituels capillaires ayurvédiques. On la retrouve en poudre dans les masques, en huile sur les longueurs et, plus récemment, en gélules. Pendant longtemps, sa réputation pour les cheveux reposait sur la tradition et sur quelques travaux de laboratoire. Un essai clinique publié en 2024 change un peu la donne, puisqu’il évalue pour la première fois de façon contrôlée une prise orale d’amla chez des femmes concernées par une chute de cheveux. Voici ce que cette étude montre réellement, ce qu’elle ne dit pas, et la place raisonnable de l’amla dans une démarche contre la chute.

L’amla, un fruit à part dans la pharmacopée ayurvédique

L’amla (Phyllanthus emblica, aussi appelée Emblica officinalis) est un petit fruit vert et acide originaire d’Inde et d’Asie du Sud-Est. Dans la médecine ayurvédique, il porte le nom d’amalaki et entre dans la composition du triphala, l’une des préparations les plus utilisées de cette tradition. Sa singularité tient à sa densité en antioxydants : vitamine C naturelle, tanins hydrolysables comme l’emblicanine, acide gallique, acide ellagique et flavonoïdes. Une revue publiée dans Pharmacological Research en 2016 recense plus d’une centaine de travaux sur ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et métaboliques. Le fruit se distingue aussi par la stabilité relative de sa vitamine C, protégée par les tanins qui l’accompagnent, ce qui explique sa bonne tenue une fois séché et réduit en poudre.

Pourquoi les cheveux tombent, et où l’amla peut intervenir

Un cheveu suit un cycle en trois temps : une phase de croissance (anagène) de deux à sept ans, une courte phase de transition (catagène), puis une phase de repos (télogène) au terme de laquelle il tombe. Une chute excessive traduit le plus souvent un déséquilibre de ce cycle, avec trop de follicules qui basculent prématurément en phase télogène. Dans l’alopécie androgénétique, la forme la plus fréquente chez l’homme comme chez la femme, les follicules se miniaturisent sous l’effet de la dihydrotestostérone et produisent des cheveux de plus en plus fins. Le stress oxydatif au niveau du follicule participe à ce vieillissement accéléré. C’est précisément sur ce terrain oxydatif et inflammatoire que les composés de l’amla présentent un intérêt théorique. La vitamine C du fruit intervient par ailleurs dans la synthèse du collagène qui entoure le follicule et dans l’absorption du fer non héminique, deux paramètres liés à la qualité de la fibre. Ces mécanismes restent des hypothèses tant qu’un essai chez l’humain ne les confirme pas.

L’essai clinique de 2024 : protocole et résultats

L’étude publiée par Akhbari et ses collègues dans le Journal of Ethnopharmacology en 2024 a recruté des femmes atteintes d’alopécie androgénétique. Les participantes ont reçu soit une préparation orale à base d’amla, soit un placebo, pendant douze semaines. Les chercheurs ont mesuré l’évolution du cycle capillaire, notamment le ratio entre les cheveux en phase de croissance et ceux en phase de chute. Au terme des douze semaines, ce ratio s’est amélioré de façon significative dans le groupe amla par rapport au groupe placebo, signe d’un plus grand nombre de follicules maintenus en phase active. Ce résultat est cohérent avec la tradition ayurvédique et avec les données de laboratoire. Il reste toutefois modeste dans sa portée : un seul essai, une population exclusivement féminine, une durée de trois mois et une préparation spécifique dont la composition ne correspond pas forcément à toutes les gélules du commerce.

Ce que l’on sait des autres bienfaits de l’amla

L’intérêt pour l’amla dépasse le cuir chevelu. Deux essais contrôlés menés par Usharani et son équipe, publiés en 2013 puis en 2019, ont montré qu’un extrait standardisé améliorait la fonction endothéliale et réduisait des marqueurs de stress oxydatif et d’inflammation chez des patients diabétiques puis chez des personnes atteintes de syndrome métabolique. Sur le plan digestif, un essai randomisé publié en 2018 dans le Journal of Integrative Medicine a observé une diminution de la fréquence et de la sévérité des brûlures d’estomac avec des comprimés d’amla, par rapport au placebo, chez des patients souffrant de reflux non érosif. Ces données dessinent un profil cohérent : l’amla agit d’abord comme un antioxydant systémique, et ses effets sur la peau, les vaisseaux ou les cheveux en découlent en partie. Pour une vue d’ensemble de ces différents usages, ce guide sur les bienfaits de l’amla reprend les études par domaine et précise les dosages employés.

L'amla, un fruit à part dans la pharmacopée ayurvédique

Comment prendre l’amla pour les cheveux

Les essais cliniques utilisent des doses comprises entre 250 et 1 000 mg d’extrait ou de poudre de fruit par jour. Une prise au cours d’un repas améliore la tolérance digestive, car l’acidité du fruit peut gêner les estomacs sensibles. La durée compte davantage que la dose : le cycle capillaire est lent, et aucun effet visible n’apparaît avant huit à douze semaines de prise régulière. Il est donc utile de photographier le cuir chevelu au début de la cure, sous le même éclairage, pour juger objectivement de l’évolution au bout de trois mois plutôt que de se fier à l’impression au brossage. La qualité du produit mérite aussi l’attention : une poudre de fruit issue d’une filière tracée, analysée pour les métaux lourds, offre des garanties que les produits sans certificat d’analyse n’apportent pas. Côté précautions, l’amla est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement faute de données, et un avis médical s’impose en cas de traitement anticoagulant ou antidiabétique, puisque le fruit agit sur l’agrégation plaquettaire et la glycémie.

Les limites à garder en tête

Aucun complément ne remplace un diagnostic. Une chute brutale, diffuse et récente peut révéler une carence en fer ou en vitamine D, un trouble thyroïdien, un effet secondaire médicamenteux ou les suites d’un épisode de fièvre ou de stress intense. Dans ces situations, la cause doit être identifiée par un médecin ou un dermatologue, et la correction d’une carence aura bien plus d’effet que n’importe quelle plante. L’amla trouve sa place en soutien, dans une alopécie modérée et installée, ou en complément d’un traitement prescrit, et non comme solution unique. Les traitements de référence de l’alopécie androgénétique, comme le minoxidil, conservent un niveau de preuve nettement supérieur. L’essai de 2024 ouvre cependant une piste sérieuse pour les personnes qui recherchent une approche naturelle, tolérée et documentée.

En résumé

L’amla dispose désormais d’un premier essai clinique contrôlé en faveur d’un effet sur le cycle capillaire, en plus d’un solide dossier sur ses propriétés antioxydantes. Les résultats restent à confirmer sur des populations plus larges, notamment masculines, et sur des durées plus longues. Pour qui souhaite l’essayer, une cure d’au moins trois mois à dose standard, associée à un bilan des carences classiques, constitue l’approche la plus rationnelle.

Sources

• Akhbari M. et al. Journal of Ethnopharmacology, 2024. Essai contrôlé randomisé sur une préparation orale d’amla dans l’alopécie androgénétique féminine. doi:10.1016/j.jep.2023.116958

• Variya B.C., Bakrania A.K., Patel S.S. Emblica officinalis (Amla): a review for its phytochemistry, ethnomedicinal uses and medicinal potentials with respect to molecular mechanisms. Pharmacological Research, 2016.

• Usharani P. et al. Diabetes, Metabolic Syndrome and Obesity: Targets and Therapy, 2013. Extrait de Phyllanthus emblica, fonction endothéliale et stress oxydatif. doi:10.2147/DMSO.S46341

• Usharani P. et al. BMC Complementary and Alternative Medicine, 2019. Extrait standardisé d’amla chez des patients atteints de syndrome métabolique. doi:10.1186/s12906-019-2509-5

• Karkon Varnosfaderani S. et al. Journal of Integrative Medicine, 2018. Amla et reflux non érosif, essai randomisé contre placebo. doi:10.1016/j.joim.2018.02.008

• Almohanna H.M. et al. The role of vitamins and minerals in hair loss: a review. Dermatology and Therapy, 2019;9(1):51-70.

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