Le
vitiligo est la plus fréquente des hypomélanoses. Sa pathogénie est
inconnue. Elle se caractérise par une disparition progressive des
mélanocytes de l'épiderme, des follicules pileux et des muqueuses.
Il
représente un motif fréquent de consultation d'une part parce qu'il
atteint plus de 1 % de la population, d'autre part parce que les
conséquences psychosociales qu'il induit sont souvent importantes.
Cette dermatose ne représente donc pas un simple problème esthétique
mais elle pose aussi de difficiles problèmes thérapeutiques.
Epidémiologie :
Le
vitiligo se présente comme une dermatose acquise, mais dans 1/3 des cas,
on retrouve des antécédents familiaux. Il est donc déterminé
génétiquement.
Il
touche environ 1 % de la population générale. Les 2 sexes sont atteints
avec une égale fréquence. L'affection peut apparaître à tout âge mais
avec un pic de fréquence chez l'adulte jeune (2è et 3è décennie).
Le
déclenchement à la suite de traumatismes psychoaffectifs est parfois
rapporté, l'exposition au soleil ne joue aucun rôle mais elle peut
révéler l'affection en accentuant le contraste entre la peau atteinte
qui ne bronze pas et la peau normale qui devient pigmentée.
Le
diagnostic positif :
Les
éléments du diagnostic positif sont cliniques ; la lésion élémentaire
est une macule achromique d'un blanc uniforme. Elle est totalement
dépourvue de mélanine. Sa surface est normale, sans atrophie ni
hyperkératose. Les limites avec la peau avoisinante sont nettes, parfois
soulignées par une bordure hyperpigmentée.
Les
taches sont de forme et de taille variables. Les bords sont toujours
convexes. La lésion ne présente aucun signe fonctionnel. Mais après une
exposition solaire, des sensations de cuisson et un érythème peuvent
survenir.
Le
début peut se faire par une ou plusieurs lésions. Lorsque les lésions
sont multiples, elles sont habituellement bilatérales souvent
symétriques.
Le
vitiligo est ubiquitaire, mais certains sièges sont atteints avec
prédilection tels que les organes génitaux externes, les plis
axillaires, les régions périorificielles et les zones de protubérances
osseuses.
L'atteinte du cuir chevelu est possible et est marquée par une mèche
blanche. L'extension des lésions est très variable. Le vitiligo peut
rester localisé ou à l'extrême atteindre tout le tégument (vitiligo
universalis).
L'évolution du vitiligo est tout à fait imprévisible et il est
impossible d'établir avec certitude un pronostic pour chaque malade.
Aucun examen complémentaire n'est utile au diagnostic qui se fait au
seul examen clinique.
Le
vitiligo est parfois associé avec certaines maladies
extra-dermatologiques : thyréopathies, anémie de Biermer, maladie
d'Addison.
Le
traitement
Il
n'existe actuellement aucun traitement de fond capable de modifier
l'évolution du vitiligo.
La
prise en charge psychologique : ne devra jamais être négligée
Traitement repigmentant :
Traitement médical : il se résume à une photochimiothérapie soit par
voie orale, soit par voie locale.
La
photochimiothérapie orale (puvathérapie) associant la prise de psoralène
(méladinine, trisoralène) et l'exposition en cabine à des UVA est
utilisée avec des précautions d'emploi et dans certaines indications, le
traitement est long, les repigmentations complètes sont rares.
La
photochimiothérapie utilisant une application locale de psoralène (méladinine
solution faible) doit être utilisée avec précaution car les réactions
phototoxiques sont parfois sévères.
Traitement chirurgical : les minigreffes de peau saine sur des zones de
peau atteinte permettent parfois d'obtenir une repigmentation centrifuge
à partir de l'implantation.
Camouflage des lésions : dans les cas rebelles, certains produits
cosmétiques de camouflage peuvent être proposés (creme couvrance).