L'urticaire est une dermatose extrêmement fréquente,
s'observant à tout âge. Elle se définit comme une éruption papulo-oedémato-prurigineuse
fugace dont le diagnostic est facilement posé par l'examen clinique.
Clinique :
Deux grandes variétés
d'urticaire sont observées :
1. L'urticaire commune (superficielle) est de diagnostic facile. C'est une
papule œdémateuse ortiée, érythémateuse, de taille variable, fugace,
disparaissant en quelques heures, très prurigineuse et réparties sans
ordre sur tout le tégument.
2. L'urticaire profonde (œdème de Quincke) réalise une tuméfaction sous
cutanée aiguë de couleur de la peau normale, non prurigineuse avec une
sensation de tension cuisante ou même douloureuse, siégeant au visage
(lèvres, paupières) et aux organes génitaux et peut atteindre les
muqueuses (œdème de la glotte.
EVOLUTION
L'évolution sépare les urticaires aiguës et chroniques :
1. L'urticaire aiguë est un accident brutal. De début spectaculaire et de
disparition rapide, composée d'une ou plusieurs poussées qui durent de
plusieurs minutes à quelques heures. La crise d'urticaire dure 4 à 7
jours sa gravité tient à l'association possible :
- à un choc anaphylactique
- à la localisation laryngée d'un angio-œdème.
2. L'urticaire chronique est définie arbitrairement le délai fixé pour
parler de chronicité varie selon les auteurs, se situe entre six
semaines à trois mois, période pendant laquelle surviennent des poussées
quasi quotidiennes.
L'urticaire chronique est plus fréquente chez l'adulte
notamment la femme aux alentours de 30 à 40 ans. La gravité de
l'urticaire chronique tient à son caractère extrêmement invalidant par
la répétition des "crises", le prurit, les insomnies, la nervosité qui
en résulte.
ETIOLOGIE DE L'URTICAIRE :
URTICAIRES INDUITES PAR VOIE GENERALE
1.
Urticaires
médicamenteuses : Pénicilline, Sulfamides, Barbituriques, Aspirine,
Polymixine..
2.
Urticaires
alimentaires :
· Aliments riches en histamines (crustacés, formage....),
· Aliments histmino-libérateurs (fraises, chocolat, œuf,
gruyère....),
· Allergie : protéine de lait de vache, œufs, poissons,
colorants, tartrasine, conservateurs, contaminants : pénicilline,
fongicides, levures…
3. Causes infectieuses : phase préictérique de l'hépatite
B, foyer infectieux (caries, sinusites), parasitoses (parasites
intestinaux, ascaris, ankylostome, oxyures).
4. Pneumallergènes : plus rare.
URTICAIRES INDUITES PAR VOIE LOCALE
Urticaire de contact :
· Végétaux : orties, plantes marines (méduses)…
· Animaux : piqûres d'insectes, chenilles…
· Produits chimiques : latex, certains cosmétiques ...
· Médicaments : usage externe (rare)
Urticaires physiques :
Urticaire
mécanique :
- dermographisme : strie urticarienne consécutive au
frottement de la peau par une pointe mousse,
- urticaire retardée à la pression survient après une
pression appuyée (ceintures),
urticaire
thermique :
- urticaire cholinergique : conjonction (chaleur, effort)
compétition sportive, petites papules, partie supérieure du tronc.
- urticaire au froid : déclenché par le contact avec les
liquides froids
Urticaire solaire.
TRAITEMENT
Dans tous les cas où une cause peut être identifiée, son
éviction est le meilleur traitement.
Les anti H1 de première génération
Liposolubles, passent la barrière hémato-encéphalique,
agissent par antagonisme compétitif au niveau des récepteurs, entraînant
un effet sédatif : précaution : chlorphéniramine (polaramine),
hydroxyzine (atarax), méquitazine (Primalan).
Les anti H1 de 2è génération
Pas d'effets centraux en raison de leur hydrophilie et de
leur fixation réduite au niveau des récepteurs cérébraux :
·
Cetirizine : Zyrtec* cp 10 mg
·
Fexofenadine : Telfast* 180 mg
·
Desloratadine : Aerius* cp 10 mg, Deslor* cp 10 mg
·
Précaution femme enceinte
Les antihistaminiques anti H2 sont peu actives dans
l'urticaire
La corticothérapie par voie générale est d'indication
restreinte. On l'utilise dans l'œdème de Quincke, la vascularite
urticarienne et dans l’urticaire retardée à la pression.
Les inhibiteurs de la dégranulation mastocytaire :
Le cromoglycate de sodium ou Nalcron n'est efficace que
dans les urticaire par allergies alimentaires.
Le kétotifène (Zaditen) : son efficacité dans l'urticaire
n'a pas été établie.
Les traitements locaux n’ont pas d’utilité. ils peuvent
transitoirement apaiser le prurit :
bains d ’amidon ou de
son d ’avoine,
les dermocorticoïdes
sont inutiles.
Les tranquillisants et les anxiolytiques : ce sont des
adjuvants thérapeutiques utiles en cas de participation psychique.
CONCLUSION
L'apparente complexité de l'enquête étiologique et
l'efficacité variable des différents traitements font que médecins et
malades éprouvent souvent une certaine lassitude notamment en face des
formes chroniques d'urticaire.