La
syphilis est une MST répandue dans le monde entier, due à un spirochète
"Treponema pallidum". Elle évolue en trois phase : primaire,
secondaire, tertiaire
LA SYPHILIS
PRIMAIRE
Contamination presque toujours vénérienne (IST). Incubation : environ
trois semaines. Ce délai peut rarement être plus court, en particulier
s'il y a une porte d'entrée préalable (herpès). Le chancre et
l'adénopathie constituent le complexe primaire.
Le chancre
Siège
généralement aux organes génitaux externes (sillon balano-prépucial).
C'est une érosion superficielle rarement profonde à bords nets,
arrondie ou ovalaire de O,5 à 1 cm de diamètre. Deux caractères sont
importants :
-
"L'indolence" : le chancre est indolore aussi bien spontanément qu'à la
pression, ce qui explique l'insouciance de certains patients et le
retard de consultation.
-
"L'infiltration" : le chancre est infiltré à sa base donnant une
consistance "cartonnée" lors de la palpation protégée entre pouce et
index. On dit qu'il a "une consistance cartilagineuse".
Cette
induration épouse les limites visibles de l'érosion ne dépassant pas les
bords de la lésion, pas d'inflammation ou d'infiltration périlésionnelle.
La
couleur du chancre est rouge comparée à la "chaire musculaire".
Il n'y a pas en général de surinfection, pas de pus, parfois une petite
transsudation, pas de croûte.
L'adénopathie
Quatre
à huit jours après le chancre. Le chancre s'accompagne d'une façon
constante d'une adénopathie homo-contro ou bilatérale. L'adénopathie est
obligatoire.
"L'adénopathie
suit le chancre comme l'ombre suit le corps" disait Ricord
"L'adénopathie
vaut mieux que le chancre lui-même"
disait Fournier.
Elle
est faite de plusieurs ganglions dont un est souvent plus gros que les
autres. On l'appelle le ganglion directeur ou "le préfet de l'aine".
Elle est d'une dureté ligneuse sans périadénite.
Evolution du complexe
primaire
Bien traitée :
guérison du chancre, l'adénopathie disparaît un peu plus tard.
Non traitée :
guérison au bout de 3 à 5 semaines et à partir de la guérison du
chancre, on a 1 laps de temps de 1 à 2 semaines jusqu'au 2ème mois où
commence la syphilis secondaire.
Diagnostic biologique :
Recherche de tréponème sur la lésion : on racle par un vaccinostyle le
fond du chancre examen au microscope à fond noir. On peut également
examiner le liquide de ponction ganglionnaire : faux (+) cavités
buccales (tréponèmes saprophytes).
Sérologie :
TPHA se
positive autour du 8è-10ème jour du chancre.
VDRL :
10ème jour du chancre.
FTA :
vers le 5ème jour du chancre.
LA SYPHILIS
SECONDAIRE
Les
lésions de la syphilis secondaire sont polymorphes, disséminées et très
contagieuses. Ce polymorphisme et la diffusion des lésions font de la
syphilis secondaire la "grande simulatrice ", les manifestations
secondaires de la syphilis sont plus vexatoires que grave"
Fournier.
A/ La première
floraison : 9è semaine - 4è mois :
1. La
Roséole:
Petites
taches rosées à peine visibles qui se disposent en stries, couleur rose
"fleurs du pêcher". Sans prurit ni desquamation.
Siège
préférentiel le tronc : poitrine, dos, flancs et cou, respectant
classiquement la face et les extrémités.
Ces
taches ne présentent aucune infiltration et s'effacent à la
vitropression. Quand elles guérissent, elles laissent parfois des
séquelles leuco-mélanodermiques (en particulier au niveau de la partie
haute du thorax chez la femme dessinant le "collier de venus".
La
roséole disparaît au bout de 4 à 5 semaines, juste après survient une
alopécie intéressant particulièrement les régions temporo-occipitales
dites en "clairière", elle serait la conséquence d'une roséole du
cuir chevelu.
Diagnostic différentiel : Pityriasis rosé de Gibert, toxidermie, roséole
viral, roséole infectieuse (typhoïde)...
2. Les
plaques muqueuses :
Ce sont
des érosions superficielles intéressant les muqueuses, arrondies ou
ovalaires, à limite nette, souples, non indurées et indolentes. Ces
lésions fourmillent de tréponèmes et sont donc hautement contagieuse.
Selon leur siège, elles prennent un aspect plus particulier :
- au
niveau des commissures labiales simulant une perlèche,
- au
niveau de la langue : ce sont "les plaques fauchées" arrondies et
dépapillées,
- sur
la gorge : ces plaques s'éparpillent sur les piliers, la luette et les
amygdales,
- larynx
: elles déterminent une laryngite syphilitique : voix rauque, enrouée.
Ces
plaques atteignent aussi les muqueuses génitales, anales,
conjonctivales, nasales.
A
mesure que les plaques muqueuses vieillissent, elles deviennent
végétantes se couvrent d'un enduit opalin grisâtre.
Diagnostic différentiel: herpès, aphtes, érosions post bulleuses.....
B/ La
2ème floraison 4è mois - 12 mois :
Les
syphilides papuleuses:
l'aspect le plus typique est celui des syphilides papulo-squameuses:
papules lenticulaires (3 à 10 mm de diamètre infiltrées, de couleur
rouge cuivré, recouvertes de fines squames sèches et entourées d'un
liséré squameux : la "collerette de Biett".
Siège
de prédilection : les régions palmoplantaires et périorificielles
(périnée, sillon naso-génien).
Deux
caractères sont importants :
-
l'induration à la palpation : les lésions "ont du corps",
-
l'absence de prurit
Cette
éruption évolue par poussées successives (d'où la coexistence d'éléments
d'âge différent) et disparaît spontanément en plusieurs mois en laissant
des macules pigmentées.
Toutes
les réactions sérologiques sont positives à des taux élevés. Mise en
évidence du tréponème sur les lésions au microscope à fond noir.
SYPHILIS TERTIAIRE
Survient vers la 3ème année. Elle est devenue exceptionnelle. Elle se
manifeste par des lésions localisées mais profondes et destructrices.
Les
gommes : représentent les manifestations cutanéo-muqueuses, ce sont des
formations infiltrées évoluant en plusieurs stades :
- stade
de crudité
- stade
de ramollissement
- stade
d'ulcération et de fistulisation
- stade
de cicatrisation.
Les
gommes peuvent donner des hémorragies quand elles érodent un vaisseaux
ou des névralgies ou des paralysies quand elles compriment un nerf.
Perforation du voile du palais : voix nasonnée, reflux des aliments par
le nez.
Destruction des os
propres du nez : effondrement du nez...
Leucoplasie : plaque
blanchâtre infiltrée, infiltration de la muqueuse buccale surtout dans
les régions juxtacommissurales : précancéreux carcinome spino-cellulaires.
Langue
: langue scléro-gommeuse: langue infiltrée, capitonnée qui perd sa
souplesse.
Manifestations viscérales : de nos jours, exceptionnelles :
Système
nerveux : tabès - paralysies générale (P.G)
Cardio-vasculaire : aortite syphilitique - anévrisme aortique.
Diagnostic :
Le VDRL
peut se négativer, TPHA, test de Nelson (+)
TRAITEMENT
La
Pénicilline parentérale représente le traitement de choix de la
Syphilis,
Les
cyclines ne sont justifiées qu'en cas d'allergie bien documentée à la
pénicilline, 2 g par jour x 15j,
L'Erythromycine qu'en cas d'allergie à la Pénicilline et d'intolérance
ou de contre indication aux Cyclines (femme enceinte, enfants) 2g /j x
15 j.
Syphilis précoce (primo-secondaire) :
Injection IM unique d'extencilline (benzathine pénicilline) 2,4 M ou 2
injections à 1 semaine d'intervalle (protocole O.M.S.).
Syphilis tardive :
2,4 M
d'extencilline x 3 à 1 semaine d'intervalle.
Réaction de Jarish - Herxheimer (Syphilis active) : Prévention par une
courte corticothérapie générale mais discutée
Neuro
syphilis, syphilis chez un immunodéprimé (SIDA)
16 à 20
M IV Pénicilline G 10 - 15 jours