La rosacée est une
affection chronique acnéiforme des follicules pilo-sébacés faciaux
associée à une augmentation de la réactivité capillaire à la chaleur,
entraînant des bouffées vasomotrices paroxystiques (flush) et conduisant
à terme à des télangiectasies. Cette affection, antérieurement dénommée
acné rosacée, est considérée actuellement comme indépendante de
l'acné, mais elle est souvent associée à une acné volontiers
préexistante. C'est une cause de préjudice esthétique notable.
Age : Pic de fréquence
entre 40 et 50 ans. Sexe : Prédominance féminine ; rhinophyma plus
fréquent chez l'homme. Race : Peuples celtiques, phototypes I et II ;
moins fréquente chez les sujets pigmentés (bruns ou noirs).
On distingue :
Rosacée
vasculaire :télangiectasique :
érythème permanent et télangiectasies ou couperose.
Rosacée papulo-pustuleuse :
Stade papulo-pustuleux : érythème permanent, télangiectasies et papules
et pustules discrètes puis Stade «nodulaire» : érythème permanent
intense, télangiectasies denses, papules, pustules, nodules, parfois
œdème centro-facial ferme.
Rosacée
hypertrophique : Rhinophyma (hypertrophie tissulaire nasale).
Atteintes oculaires :
Yeux rouges secondaires à une atteinte palpébrale chronique, une
conjonctivite et une épisclérite. La kératite de la rosacée peut
constituer un problème grave avec risque d'ulcérations cornéennes.
PRISE EN CHARGE
Prévention : Une
diminution voire l'arrêt de la prise d'alcool et de boissons chaudes
peut s'avérer utiles chez certains patients. Ce n'est pas la caféine
mais plutôt la température du thé ou du café qui influe sur la rosacée.
Le stress est un facteur favorisant retrouvé chez certains sujets
atteints.
Traitement local
Le métronidazole en
gel ou en crème, à 0,75 %, en application biquotidienne est très
efficace.
Les antibiotiques
locaux (ex. : érythromycine) peuvent être efficaces.
TRAITEMENT SYSTÉMIQUE
En cas d'échec du métronidazole, ou dans les formes sévères, adjonction
d'une antibiothérapie orale.
Tétracycline, 1 à 1,5
g/jour en 2 prises jusqu'à disparition des lésions, puis traitement
d'entretien à doses plus faibles (250 à 500 mg/jour) en une prise
quotidienne.
Minocycline et
doxycycline, 50 à 100 mg deux fois par jour : constituent des
alternatives thérapeutiques.
Isotrétinoïne orale :
L'isotrétinoïne peut constituer une alternative thérapeutique chez les
sujets ayant une forme sévère de rosacée ne répondant pas au traitement
antibiotique oral et aux traitements locaux. De faibles doses, de
l'ordre de 0,1 à 0,2 mg/kg/jour, sont efficaces chez la plupart des
patients, mais des doses plus élevées (1 mg/kg/jour) peuvent s'avérer
nécessaires.