Clinique :
Début : brutal
Syndrome
pseudogrippal avec malaise fièvre. Suivi en 2 – 3 jours de
manifestations muqueuses : présentes dans plus de 98% des cas parfois
inaugurales
Atteinte
cutanée
L’éruption
initiale est douloureuse, faite par un érythème diffus, plus souvent des
macules arrondies rouges sombres diffusant en 2-5 jours tandis que les
décollements apparaissent réalisant l’aspect typique de linges mouillés
plaqués sur la peau avec signe de Nikolsky mettant à nu un derme rouge
sombre suintant. L’étendue finale des décollements est imprévisible
allant de 30 à 100% de la surface cutanée. Un érythème palmo-plantaire
douloureux oedémateux est habituel.
Atteinte
muqueuse :
Les
localisations sont par ordre de fréquence :
Oropharynx, les
yeux, les organes génitaux, anus. Ces érosions sont douloureuses et
responsables de lésions croûteuses des lèvres, d’une hyper sialorrhée,
de difficulté d’alimentation et de brûlures mictionnelles.
Les lésions
oculaires nécessitent une grande attention en raison du risque élevé de
séquelles : synéchies entre paupières et conjonctives, kératite,
syndrome sec.
Les lésions
génitales sont fréquentes : érosion vulvaire et vaginale responsable de
douleurs, brûlures et sécheresses.
Signes
généraux :
Fièvre,
malaise, douleur, désordres hydroélectrolytiques aggravées par la
difficulté à s’alimenter et la surinfections des lésions favorisant
l’évolution vers la septicémie voir un collapsus.
Atteinte
viscérale :
Les atteintes
viscérales sont habituelles. Elles mettent en jeu le pronostic vital.
Elles sont liées au processus de destruction de l’épithélium.
Hématologiques : leucopénie, thrombopénie, anémie.
Atteinte
pulmonaire : extension du processus de nécrolyse à l’appareil
trachéobronchique : œdème pulmonaire et surinfections de pronostic
fâcheux.
Atteinte
digestive : dysphagie, hématémèse, vomissements de boudins muqueux en
cas d’atteinte œsophagienne, diarrhée aqueuse ou sanglante avec
élimination de boudins muqueux si atteinte intestinale.
Atteinte
hépatique avec cytolyse
Autres :
pancréatite, dysrégulation glycémique aggravant la déshydratation,
hypophosphorémie source de troubles de conscience.
Evolution –
Complication :
Elle est
défavorable dans 30% des cas du fait des complications infectieuses et
hydroélectrolytiques.
Au cours des
évolutions favorables :
Epidermisation
est rapide en dehors des zones d’appui ou de surinfections. La
cicatrisation complète se fait dans un délai de 10 – 20j (plus prolongé
pour les localisations muqueuses) au prix de séquelles cutanées
pigmentaires et de dystrophie unguéale.
Les séquelles
oculaires :
Elles sont
parfois la rançon des soins insuffisants, mais peuvent survenir malgré
un traitement rigoureux et précoce, surinfection avec perforation et
fonte purulente de l’œil, Synéchies conjonctivales, repousse vicieuse
des cils. Un syndrome sec séquellaire : aggrave la gêne fonctionnelle.
Séquelles
génitales :
Peuvent
survenir tôt dès la phase aiguë ou apparaître tardivement 12 mois après.
Il peut s’agir : atrophie vulvaire, synéchies entre petites et grandes
lèvres, sténose vestibulaire, synéchies intra vaginale, sténose du canal
vaginal. Elles peuvent être responsables de dyspareunie ou d’apareunie
ou d’anomalies menstruelles. Chez l’homme, le phimosis est la principale
séquelle génitale.
ETIOLOGIE
Terrain : Il
existe des terrains favorables : greffés de moelle, lupus systémique,
sujets infectés VIH
Médicaments :
Les médicaments le plus souvent incriminés : AINS (surtout oxicams) ;
Les sulfamides surtout retard ; Les anticonvulsivants : phénobarbital,
phénytoine, carbamazepine ; Les ATB : quinolones, aminopenicilline ;
cephalosporines : L’allopurinol
LE TRAITEMENT :
La NET met
rapidement en jeu le pronostic vital. A ce titre, les patients
nécessitent une hospitalisation en unités de soins intensifs spécialisé
ou centre des brûlés.
Arrêt du ou des
médicaments suspects
Apport massif
d’eau, d’électrolytes et macromolécules (albumine) par voie veineuse
périphérique.
Apports
nutritionnels hypercalorique et hyperprotidique : indispensable pour
compenser les pertes protéiques et favoriser la cicatrisation.
Prévention des
infections : repose sur des soins locaux aidés d’un lit fluidisé à air
chaud, avec une antibiothérapie adaptée.
Réchauffement :
élévation de la température extérieure 30 – 32°C, bains chauds, lit
fluidisé
Autres :
héparinothérapie, pansements gastriques – aspirations bronchiques.