Classiquement l'apanage des souches sociales
défavorisées, c’est une affection toujours fréquente. Elle est favorisée
par les conditions d'hygiène précaire, la promiscuité et le
surpeuplement.
Fréquente dans les prisons, internats, casernes…
Il s’agit d’une maladie ectoparasitaire due à la
colonisation cutanée par un acarien
Sarcoptes scabiei,
variété hominis. Elle se caractérise par un prurit entraînant des
lésions de grattage non spécifiques et par quelques lésions spécifiques
liées à la présence du sarcopte (sillons).
Épidémiologie
La gale se transmet dans l’immense majorité des
cas par contact humain direct. Celui-ci s’effectue dans le cadre
familial, du couple, parfois en milieu scolaire. La transmission
nécessite le plus souvent des contacts intimes et prolongés. La
transmission indirecte par les vêtements, la literie, est difficile à
prouver. Exceptionnelle dans les gales communes cette transmission
indirecte n’est pas rare dans les formes croûteuses.
C’est un acarien femelle qui est responsable ;
celui-ci a une bonne mobilité pour des températures de 25 à 30° ; il
peut se déplacer facilement à la surface de la peau de plusieurs
centimètres par heure. Il est tué très rapidement par des températures
de 55°, perd sa mobilité en dessous de 20° et meurt probablement en 12 à
24 heures.
Le cycle parasitaire a une durée de l’ordre de 20
jours mais en règle générale, la population parasitaire est peu
importante, de l’ordre de 10 femelles.
Traitement
Il doit être appliqué de façon simultanée au sujet
atteint et aux sujets contact. Il est ambulatoire.
Le benzoate de benzyle (Ascabiol) est
d’utilisation courante à raison d’une application sur la totalité du
corps (à l’exception du visage) pendant 12 à 24 heures chez l’enfant et
48 heures chez l’adulte. Le lindane est également efficace avec une
durée de contact de 12 heures. Il est à éviter chez le nourrisson et la
femme enceinte. Les pyréthrinoides sont les insecticides les moins
toxiques ; ils peuvent être utilisés chez le nourrisson et la femme
enceinte (Spregal), leur efficacité est probablement inférieure à celle
du lindane et de l’Ascabiol.
Le linge de corps, les draps, doivent être lavés à
60°. Les couvertures, les vêtements non lavables ne sont pas considérés
comme étant des réservoirs d’acariens importants. On peut les pulvériser
avec un insecticide (ascapoudre).
L’efficacité de l’Ivermecine (Stromectol) a été
démontrée dans le traitement de la gale à la dose unique de 200
microgrammes par kilo per os. La tolérance est correcte. Une seconde
prise à J14 est préconisée en cas de gale profuse ou d’immunodépression.
En cas de surinfection importante, une
antibiothérapie antistreptococcique ou antistaphylococcique peut être
nécessaire. Le mieux est alors de faire simultanément le traitement
antibiotique et antiscabieux.
Le prurit doit céder rapidement en une dizaine de
jours. Les substances anti-galeuses sont irritantes ; il ne faut donc
pas répéter de façon inconsidérée les traitements.